En Martinique, beaucoup la connaissent sur les réseaux sociaux. Hélène Sérignac crée du contenu sur Instagram pour permettre aux gens de voir les coulisses de la station télé privée. 18 000 personnes la suivent, essentiellement en Martinique et beaucoup la retrouvent encore au 13h de ViàATV. Extraits de l’interview parue dans France-Antilles Magazine ce week-end (1er, 2 et 3 octobre).

Comment devient-on présentatrice du JT sur ViàATV ? Quel est votre parcours ?
Je viens d’une famille très modeste. Toute la famille de mon père est originaire de la Martinique, et celle de ma mère a des origines italiennes. J’ai grandi plutôt dans une cité en banlieue toulousaine. Ce n’est pas un profil de privilégiée. J’ai fait un BTS, puis une licence. J’ai travaillé chez Airbus. Généralement, les gens qui vivent en région toulousaine restent à Airbus toute leur vie car il n’y a pas beaucoup d’opportunités. Moi, j’ai préféré continuer, je voulais faire un master. Je suis partie à Nice, puis à Toulon pour faire des études de management et ensuite, j’ai été à Dauphine, à Paris, pour faire un Master en Communication, en alternance. Je savais qu’avec ce passeport, on vous considère davantage. J’ai fait un stage chez KPMG, un cabinet d’audit à La Défense, puis un an d’apprentissage en communication chez Louis Vuitton, et enfin le diplôme de journaliste audiovisuel. Chaque année, je faisais plus ou moins de la communication et j’ai réfléchi à l’idée de me spécialiser dans une branche où, chaque jour quand je me réveille, je suis excitée à l’idée d’aller au travail.

La route vers votre objectif a-t-elle été difficile ?

Il y a eu des stages où je passais mes journées à ouvrir des cartons, pendais des cintres, distribuais des cafés. J’ai fait des stages pendant un an et demi, alors que j’étais déjà à BAC +5 et que j’aurais pu être embauchée ailleurs. Mais je tenais le coup parce que je savais que l’audiovisuel était un domaine qui m’animait de l’intérieur. C’est vrai que c’est spécial, on est là, à 24 ans, payée parfois 500 euros pour le mois alors que les loyers à Paris sont super chers. Et puis les parents qui vous disent « tu es sûre que tu ne peux pas prendre un travail normal ? ». Et moi de répondre « Non, non. C’est pas grave, je ne vais tenir le coup et montrer ce que je sais faire, il y aura bien quelqu’un qui va voir à un moment ».

« J’aime vraiment la création de contenus »

A quel moment cela s’est-il produit finalement ?
Petit à petit, d’un passage sur Comment ça va bien en figuration puis une petite chronique… on vous confie une petite émission sur une toute petite scène. J’ai commencé à l’antenne à 100%, il y a trois ans, pour la chaîne météo : je faisais le bulletin, sans prompteur, sans rien. J’ai été prise aussi comme chroniqueuse à l’émission Les Témoins d’Outre-Mer, diffusée sur les 1ères et sur France 3. J’ai fait ça pendant un an et demi.
Toute la semaine, j’étais à la chaîne météo, levée à 5h du matin pour y aller, à une heure de route de Paris. Je travaillais à perte, car il fallait louer des voitures. Le vendredi, j’allais en voiture à Lille parce qu’il y avait une boite de production qui faisait de la météo. Je faisais les allers-retours. Cette agence Agaze Météo faisait les bulletins pour tout le groupe Vià. Je les enregistrais à la chaîne. Et là, il y avait ce bulletin Martinique. Ça m’a intriguée car c’était la première fois que je pouvais m’adresser à la population de mon île et, pour moi, c’était un privilège.

Un jour, mon arrière-grand-mère étant malade, en Martinique, je suis venue pendant une semaine. Là, j’ai pris contact avec les personnes qui étaient à ViàATV pour venir visiter les locaux, et aussi créer des liens puisque je travaillais avec eux. J’ai rencontré le directeur de ViàATV, Xavier Magin, qui ne m’avait jamais vue parce qu’ ils ont leur propre miss météo. Je me suis dit qu’en fait je faisais ça pour rien…(rires). C’était juste diffusé sur le digital.
J’ai rencontré Kathleen Bilas aussi et je leur ai expliqué tout ce que j’avais déjà fait. Plus tard, je suis rentrée en métropole. Et un jour, ils m’ont appelée pour me proposer Tous à bord. C’était en projet, avec toutes les incertitudes que cela implique. Mais je m’y accrochais. J’avais presque préparé ma valise alors que ce n’était qu’un projet, en plein confinement Covid. Dès qu’il y a eu un vol, j’ai sauté dedans.

A quoi aspirez-vous pour votre carrière dans les dix prochaines années?
Moi ce que j’aime le plus, c’est l’antenne, les news et le fait d’être impliquée par rapport à tous les sujets que ‘on va pouvoir traiter, toutes les personnes que l’on va interviewer. Ce qui est intéressant dans ce métier c’est de porter la voix de ceux qu’on n’entend pas forcément beaucoup. J’ai envie de continuer dans ça, mais je ne suis pas forcément fermée car, aujourd’hui, il faut avoir une vision à 360°. Le rôle du journaliste est de porter la voix, de raconter des histoires. Et que ce soit en télé, en radio, sur le digital ou en format papier, au final il faut que chaque média ait la possibilité de toucher sa cible partout.

Votre France-Antilles Magazine ce week-end
Ce week-end, vous pourrez retrouver votre nouveau France-Antilles Magazine consacré, entre autres, à René Maran, le 1er Goncourt noir. A l’occasion du centenaire de son prix Goncourt, Albin Michel réédite Batouala et France télévisions lui consacre un documentaire.
October 6, 2021

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